LES AILES DE SILIGI
LES AILES DE SILIGI

Maasaï et excision

Chaque tribu, ethnie, peuple invoque ses propres raisons pour pratiquer ce rite selon ses croyances, ses traditions,ses superstitions, sa religion !

 LES MAASAÏ
Ce peuple de bergers semi-nomades très ouvert, altruiste, pratique  l’excision. Il a gardé intactes ses traditions et si  beaucoup sont respectables, ce rite est en complète contradiction avec sa philosophie, si bien que l’on pense qu’il a été importé par d’autres peuples nilotiques
DVD  «  LE MOMENT VENU «  Juillet 2012» (voir le lien sur la page film)
Ce  film que nous avons tourné en juillet 2012. après un long travail de nos associations en France et au Kenya depuis 2005, est plein d’espoir .

 Je voudrais vous lire le cri du cœur d’une jeune femme Maasaï  Grâce Mésopir Sicard:

 Nous devons changer les mauvaises traditions et trouver une solution de rechange qui garderait les rites de passage à l'age adulte pour les filles sans leur faire subir le traumatisme de l'excision.       Il n'est pas indispensable pour une fille d'être excisée pour pouvoir fonder une famille, être une bonne mère et une bonne épouse. L’excision ne les aide pas au contraire, elle les handicape, dans leur vie de tous les jours quand elle ne les tuent pas. Les filles excisées gardent les séquelles physiques et psychiques de cette mutilation toute leur vie.
               -Nous devons envoyer nos filles à l'école, leur donner une éducation, un travail, pour qu'elles construisent leur avenir, leur  futur. Elles doivent pouvoir se marier à un âge mâture qui physiquement leur permette d'être mère sans dommage, comme cela arrive pour un corps trop juvénile. Et aussi quand elle le veulent avec le partenaire de leur choix et sans subir l’excision.  L'éducation est la clef de leur évolution et de leur développement.
Je veux également dire qu’il y a une loi au Kenya qui condamne l'excision, -Réfléchissons à tout cela, écoutons nous les uns les autres et agissons
                    L’espoir c’est de dire tous ensemble, non à l'excision

 

le peuple    MAASAÏ

Philosophie Maasaï
Ce sont des animistes. L’animisme n’est pas une religion mais plutôt une recherche de la connaissance en dehors du carcan des dogmes.
Les Maasaï ont une vision altruiste du monde. Un très grand respect de l’autre,
L’amitié très importante pour eux  se  traduit en Maa par « Osotua  le Cordon Ombilical » (c'est d ailleurs ce nom que nous donnerons à notre refuge si nous avons la possibilité de le construire!) L’amitié est souvent assimilée à un lien de parenté. Chacun s’invente la famille qu’il souhaite avoir.

Les vaches sont la seule « richesse » que Nkai leur dieu a confiée à leur communauté.  Il  leur a donné en garde tous les troupeaux de vaches du monde et le soin de veiller à la bonne ordonnance de la faune et de la flore.
Les Maasaï considèrent la propriété privée comme le comble de l’égoïsme. « Notre véritable mode de vie disent-ils, est le partage ! «
Ce sont des pacifistes, ils n’entrent en guerre que contraints et forcés après avoir épuisé tous les terrains d’entente.
 Ils ne violent pas les femmes de l’adversaire vaincu (contrairement à ce qui s’est toujours passé dans les guerres et se passe encore de nos jours), mais ils recueillent, femmes et orphelins, les soignent et leur permettent de reconstruire leur clan.
Un proverbe dit, « Si tu vois deux hommes se disputer, ne passe pas ton chemin tu pourras peut-être résoudre leur problème »
Ils ont un esprit ouvert, perméable à ce qui leur parait juste et profitable et quelquefois adoptent des pratiques d’autres peuples, comme ils ont adopté en son temps la race de vaches croisées avec les zébus, amenées par les arabes et qui grâce à une longue acclimatation est devenue l’une des races les plus résistantes au climat tropical.
Ils ont peut être ainsi adopté le rite de l'excision apporté par un autre peuple. Xavier Peron grand ethnologue, adopté par une famille maasaï,  pense aussi qu’ils ont du  rencontrer l’excision  lors de leur longue marche le long  du Nil. et convaincus que c’était le seul moyen de protéger leurs femmes des barbares afin qu’elle ne soient pas violées, il l’ont adoptée.
Les Maasaï sont très attachés à l’intégrité et à la beauté de leur corps, ils n’ont pas de scarifications et il ne leur viendrait pas à l’idée de « corriger »l’œuvre parfaite de leur Dieu  Nkaï qui les a créé tous  égaux hommes femmes et Dieu.(lire la légende Maasaï)
 Le conseil des sages est appelé à rendre la justice il est composé  d’adultes jeunes et vieux car pour eux « la sagesse n’a pas obligatoirement les cheveux blancs »
Leur manière de vivre en accord avec la nature  la faune et la flore a protégé le fragile écosystème de leur territoire (Les Maasaï sont très proche de la philosophie de Pierre Rabhi, l'Agriculteur Philosophe qui met comme eux la priorité à la nature et à l'humain) Le térritoire des Maasaï avant le 15ème siècle allait de la Tanzanie   à l'Ethiopie .Suivant la colonisation, les autorités kényane rétrécissent comme peau de chagrin leur zone de vie sans penser aux conséquences écologiques et humaines.

 La Chasteté des épouses  n'est pas primordiale pour ces nomades qui restent des mois, voire une année sans rentrer au village. Les épouses comme leur mari peuvent aller voir ailleurs sans problème, à condition que cela ne se solde pas par une naissance, ce qui est très grave, si bien que  quelquefois, le mari accepte l’enfant pour éviter une solution radicale.
 Ils sont polygames et les femmes en général se réjouissent de la venue d'une co-épouse qui pourra les aider au village, dans tous les gros travaux, aller chercher de l'eau à la source,  à  3Km du village ou  du bois, réparer les toits ou les murs, s'occuper des enfants et des animaux laissés au village!

Virginité
Pour les Maasaï, la virginité n’est pas importante, La seule condition avant l’initiation, ne pas avoir d’enfant en dehors du mariage, c'est-à-dire entre personnes non adultes. mais en général les Ilmurans(initiés ) qui ont suivi l'école traditionnelle connaisse les secret de la domination de soi! !
Les mœurs des filles et des garçons sont très libres, naturels. Ils jouent aux jeux de l’amour. Si bien que garçons et filles en connaissent les plaisirs et souvent ils sont  déçus, et ne comprennent  pas pourquoi  ils ne les retrouvent plus dans leur couple après le mariage

15/Circoncision et  excision
                   Les Masaï pratiquent les deux rites,
Pour les garçons la circoncision se pratique entre 10 et  19 ans  en groupe et ponctue le passage de l'enfance à l'âge adulte,  tous ensemble pendant  l’école traditionnelle où ils sont  initiés  avec leur groupe d’âge.
Seuls les hommes ont le droit d'y participer. Les futurs initiés n’ont plus le droit de se  mêler aux femmes du village.  Ils font leur apprentissage de la vie dans la  brousse et apprennent à se suffire à eux-mêmes tout en veillant sur le village et ses habitants.C'est le rôle de ces guerriers pendant leur apprentissage. Lors d'une grande cérémonie" l'Eunoto" qui conclue leur statut d'adulte, les mères sont appelées pour construire la Manyatta ou se passeront les différents  rites elles  pour raseront les cheveux de leurs fils pour signifier qu'ils sont devenus devenus des hommes
  La pression sociale s’exerce aussi sur les garçons  qui voient une affirmation de leur appartenance à  un groupe. Mais il n'y a aucune comparaison avec l'excision
La circoncision enlève au garçon le morceau de peau, le prépuce, qui sert à protéger le gland en le recouvrant et sa  sexualité peut en être augmentée.
Une opération similaire à l’excision pour le garçon consisterait à lui couper le sexe. Et croyez moi on s'est chargé de le leur expliquer. Ils ne savaient pas bien sur.
 Les croyances
_ Les maasaï pensent que l'excision apporte un accroissement de la fécondité,
_Une fille non excisée ne se contrôle pas, n'est pas adulte et moins contrôlable, est incapable de procréer, donc elle  ne trouvera  pas à se marier. C'est un manque à gagner pour la famille! Le mariage, traduisez  vente, ne se ferait pas ! et le fiancé serait la risée du village et rejeté pour avoir pris une femme non adulte .
17/ Rôle économique des exciseuses
Les exciseuses Maasaï ont une activité économique  qui leur donne un statut et une place importante au sein du groupe. Elles ont aussi une place privilégiée dans la communauté et souvent c’est leur seul moyen de vivre, on les rémunère un peu, et lors de la cérémonie de mariage on leur donne plusieurs morceaux choisis de la vache sacrifiée et 2000ksh à peu près 20 euros.
Le rite de passage à l’age adulte est très ancré dans la tradition et il faut arriver à faire comprendre aux exciseuses les désastres humains qu’elles provoquent croyant bien faire. C'est aussi notre travail de convaincre les mamans qui pensent toujours que c'est indispensable pour leur fille pour qu'elles soient épanouies et en bonne santé.  Il est   important  aussi de trouver une activité économique pour les exciseuses,  leur laissant un statut et un revenu de remplacement
    L'excision chez les maasaï
Pour les filles entre 10  à  15 ans qui sont demandées en mariage, c’est le rite de passage   de l'enfance à l'age adulte, sans ce rite le mariage est impossible. Elles  obtiennent ainsi leur statut de femme, sorte de certificat d’aptitude à élever des enfants et  à participer à la vie de la communauté. Cette tradition a causé et cause encore de terribles méfaits sur la santé physique et morale des filles et  des femmes.
 L’excision se pratique dans l'intimité de la « nkaji » (la maison) trois jours avant la célébration  du mariage Seules l'exciseuse et les femmes y assistent. Cette mutilation pratiquée à vif est des plus douloureuse et provoque un choc émotif qui restera dans l esprit et le corps  de l’excisée  toute sa vie! Et qui peut provoquer la mort. La douleur de cette mutilation  est tellement grande, qu’elle donne aux filles, disent ils, la capacité de  mettre au monde des enfants valeureux, utiles à leur peuple et capables de défendre le village.
Le mariage ne se consomme pas tout de suite après la cérémonie. La jeune mariée habite dans la maison de sa belle mère pendant 3 ou 4 mois, le temps de connaître son nouveau clan et de construire la maison de son mari aidée par les femmes de sa nouvelle famille. Un ilmurran un  initié, circoncis qui a montré son courage et sa maîtrise de soi, ne conçoit pas d’épouser une fille qui n’a pas prouvé sa maîtrise de la douleur.Tous pensent que l'excision est la meme chose que la circoncision… îls ne comprennent pas qu'une fille veuille y échapper! C’est une des raisons  qui poussent  les mères  à accepter cette tradition et les filles à la subir. Un fille non excisée  a du mal à trouver un mari
   Il y a beaucoup de problèmes, de maladies provoquées par ce rite, peu de filles, de femmes osent  en parler.  L'excision entraîne un durcissement des tissus, traumatisés par la mutilation, souvent  mal faite, et sans aucune hygiène, la cicatrice devient très dure, et douloureuse, la chair perd de son élasticité et lors d'accouchements le bébé se trouve devant un mur qui l'empêche de venir au monde, sa   mère ne peut lui faciliter   le passage, le "travail" de l'accouchement se fait mal, souvent le bébé meurt par asphyxie, il y a des  hémorragies très importantes qui affaiblissent la maman et des septicémies qui sont souvent la cause  de sa mort.
                    Circonstances aggravantes, beaucoup de communautés vivent loin des équipements de santé, et les  routes sont inexistantes et dangereuses et ces femmes ne peuvent pas être aidées.
L'utilisation d'instruments non stérilisés couteaux, lames de rasoir, tessons de bouteilles, facilite la   propagation du sida et le risque d'infections multiples :   vulvaires, urinaires et gynécologiques qui peuvent entraîner une stérilité.
                   Des complications et des douleurs à vie provoquent  une inhibition lors des rapports sexuels.
Il y a aussi des mariages forcés de fillettes dès l'âge de 10 ans à des hommes beaucoup plus âgés  qui ont déjà plusieurs épouses. Il y a donc   beaucoup de fausses couches dues à des grossesses précoces, des accouchements difficiles.
Les hommes mais aussi les femmes  ne connaissent  pas  les méfaits de cette pratique.
Un même mot  désigne circoncision et excision dans la langue maasaï le Maa alors que cette langue aussi riche que le français a un mot pour désigner chaque chose.
En anglais, langue des colons, circoncision ! Male ou Female ! En maa aussi un même mot Emurata, pour les deux opérations
On peut comprendre que les hommes  aient cru que c’était la même chose ! Ils ne s’en sont jamais expliqué avec les femmes Maasaï…le sujet est tabou !
Et croyez moi ceux à qui j'en ai parlé et qui ont compris, étaient horrifiés.

 Ce n’est que depuis qu’ils sont confrontés à  des associations de femmes africaines qui luttent contre ce fléau et à des femmes d’autres cultures avec qui ils parlent ouvertement,  librement,  qu’ils commencent à se rendre compte de ce qu’ils ont fait subir à leurs filles et leur femmes et à faire  la relation de causes  à effets.

 En occident aussi, l’ignorance du corps de la femme, mal représenté dans les manuels scolaires et  se heurtant souvent à une pudibonderie judéo-chrétienne, n’a pas contribué à une meilleure  compréhension.
Et comme le dit Mme Gilette-Faye présidente du GAMS, « en Afrique orientale ce  sont les hommes qui pratiquent l’opération, quand ce sont des femmes qui excisent, beaucoup d’entre elles ont intégré la domination masculine comme en occident"

Ce sera long mais l’égalité des genres pourrait accélérer le processus.
 Que les femmes comprennent que leur corps est à elle et qu’elles seules peuvent décider de ce qu’elles veulent en faire.
En cela , le film "le Moment Venu" que nous avons tourné en 2012 dans le Samburu District au Kenya, nous a donné beaucoup d'espoir, les mentalités changent, évoluent,et c'est rassurant.Le peuple Maasaï est à un tournant de son histoire.
De nos jours la plupart des  Maasaï savent que certaines coutumes néfastes n’ont plus lieu d’exister, que ce sont des  crimes envers des êtres humains, et beaucoup refusent d’ être considérés comme responsables. Il est important pour eux, qui tiennent à garder le symbolisme du passage de l’adolescence à l’âge adulte de trouver des rituels de substitutions sans aller jusqu’à la mutilation et des associations comme les nôtres peuvent les aider, les informer et leur permettre d'être eux mêmes les acteurs du changement qui fera avancer leur peuple

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